Critique : Elysium

« En 2154, il existe deux catégories de personnes : ceux très riches, qui vivent sur la parfaite station spatiale crée par les hommes appelée Elysium, et les autres, ceux qui vivent sur la Terre devenue surpeuplée et ruinée. La population de la Terre tente désespérément d’échapper aux crimes et à la pauvreté qui ne cessent de ne propager. Max, un homme ordinaire pour qui rejoindre Elysium est plus que vital, est la seule personne ayant une chance de rétablir l’égalité entre ces deux mondes. Alors que sa vie ne tient plus qu’à un fil, il hésite à prendre part à cette mission des plus dangereuses –  s’élever contre la Secrétaire Delacourt et ses forces armées – mais s’il réussit, il pourra sauver non seulement sa vie mais aussi celle de millions de personnes sur Terre. »

 

Après avoir marqué les esprits en 2009 avec «District 9», Neill Blomkamp, désormais considéré comme un surdoué dans le milieu, ne pouvait sortir son nouveau film sans que ce dernier soit un événement cinématographique majeur. Dans les premières minutes, «Elysium» se définit comme une satire sociale et politique de notre société.  L’action se déroule en grande partie à Los Angeles où la pauvreté est omniprésente. Avoir un travail, même des plus misérables, est devenu un luxe, les gangs arpentent les rues par milliers, une police des plus strictes, puisque représentée par des  robots donc dépourvus de sentiments, y règnent en maîtres et aucun membre du gouvernement ne semble se soucier de ceux qui vivent sur terre. Ainsi le fossé entre les riches et les pauvres ne cesse de s’accentuer. Il ne s’agit plus d’une simple discrimination sociale ordinaire mais bien d’une véritable et effroyable séparation  entre ces deux classes. Les riches profitent du jardin d’Éden qu’est Elysium, tandis que les pauvres se tuent à petit feu sur une terre dantesque. 15 minutes suffisent pour mettre en place une ambiance et un background si complexe d’après Neill  Blomkamp. Au-delà de ces 15 min, l’univers est immédiatement mis en retrait pour finalement se focaliser sur le sort du héros principal campé par Matt Damon. L’intrigue que ce dernier va amorcer n’est malheureusement guère intéressante. Déçu de voir un sujet pourtant si passionnant se transformer aussi précipitamment en un simple film d’action.

Neill Blomkamp ne veut plus critiquer notre société. Il se sert de l’actualité sordide et riche (l’immigration, perversion à l’extrême des politicards, l’écologie etc…) pour raconter une histoire relativement niaise.  De la part de l’homme qui a réalisé le chef-d’œuvre qu’est «District 9», la démarche est fortement critiquable. La déception est d’autant plus grande puisqu’il  ne fait que reprendre la totalité des ingrédients qui ont fait le succès de «District 9» sans pour autant chercher à innover son style. Ainsi le doute sur la sincérité du réalisateur est légitime. Neill Blomkamp reste tout de même un bon conteur. Un montage effréné permet au réalisateur de ne jamais larguer le spectateur. Le plaisir est bel et bien présent. Le film est à l’image du badguy interprété par l’excellent sud-africain Sharlto Copley. On frise souvent la caricature mais on ne tombe jamais dans le ridicule. Cette légère tendance «série B», cet hommage à la culture nippone (comme la présence d’un katana ou encore du combat final se déroulant sous une pluie de pétales de cerisiers) montrent la volonté du réalisateur de partager ses passions ou des œuvres qui l’ont fortement inspiré  (Gunnm ?) «Elysium» ne fait certainement pas le poids face à son aîné, «District 9». Mais finalement il s’en tire sans trop de peine lorsqu’il joue le rôle de divertissement de qualité, surtout durant cette période estivale riche en pétards mouillés.

Frédéric Ayen

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